le blog de kiria

27 février 2009

Prisonnier (1)

Savez-vous ce qu’est le bonheur ? Oui sûrement n’est-ce-pas ? Et bien moi aussi, je sais ce que c’est. Moi aussi j’ai connu une période de bonheur intense ! Ah mais pour vous c’est différent ? Et bien expliquez-vous. Aaah, vous c’était de l’amour ? Mais qui vous dit que ce n’était pas pareil pour moi ? Hm ? Ca vous étonne ? C’est pourtant vrai, j’ai connu le bonheur. Je parle au passé, pourquoi ? Et bien laissez moi vous raconter mon histoire :

            Ça c’est passé alors que j’avais 15 ans, je venais d’entrer au lycée. Je me savais déjà homosexuel, et on peut dire que je m’assumais entièrement ! On n’était pas beaucoup de gays au lycée, mais on se reconnaissait, au moins “entre nous“. Autant vous dire tout de suite que je n’étais pas du genre Ste nitouche, et la plupart des homos du lycée était passée par mon lit. J’étais tout à fait sûr de moi, je ne craignais rien ni personne, la rancœur de mes ex je m’en fichais, tout ce que je cherchais c’était du plaisir. Ha ha ! ne soyez pas choqué juste à cause de mon âge ! Ce n’est plus si extraordinaire de nos jours. Donc, comme je vous le disais j’étais un ado très sûr de lui, très extraverti, et ouvert aux autres (dans tous les sens du terme….bref ^^). J’étais très populaire, sauf auprès d’un.

            Ce gars était quand même particulier. Je me souviens très bien de lui à cet époque, il n’avait pas de piercings, avait encore ses grosses lunettes et ses fringues de grand-mère. Je ne sais pas ce que je lui avais fait, et je ne l’ai jamais su d’ailleurs, mais il ne me supportait pas. On était dans la même classe, il rentrait toujours dans la salle de classe en dernier, et se coltiner seul le premier rang. Il était toujours tout seul, mais ça ne semblait pas le déranger. Pendant les récrés j’avais l’habitude de me retrouver avec mes amis les plus proches dans la salle de perm. Etrangement il était toujours là, à l’autre bout de la salle d’accord, mais là quand même. Au début je n’y prêtais pas attention, et puis au fur et à mesure que l’année avancée je me suis rendu compte qu’il était là. Je l’observais de temps en temps, un p’tit coup d’œil rapide par ci par là quoi. Au bout d’un moment je me rendis compte qu’il n’écoutait plus de musique. C’est vrai, au commencement de l’année il avait toujours les écouteurs de son mp3 collés aux oreilles. Et puis du jour au lendemain il ne les avait plus. Quand on rigolait, je regardais dans sa direction et je le voyais sourire discrètement. Et début je trouvais indiscret qu’il écoute nos conversations, mais finalement je mis suis fait. Je le trouvais même amusant, à essayer de se retenir d’exploser de rire, il avait d’ailleurs pris l’habitude de prendre un bouquin et de se cacher derrière quand il n’arrivait plus à se retenir de rigoler ! Et puis le voir seul mais rigolant à nos vannes a fini par m’énerver, je me sentais mal pour lui. Alors un jour je suis allé le voir, j’étais très confiant et je l’ai abordé sans précautions particulières.

-       Salut ! ça fait un moment que je te vois tout seul, tu veux pas venir avec nous ?

Il me regardait très surpris, visiblement il ne nous écoutait pas avec l’espoir qu’on l’aborde un jour. Il a hésité quelques instants et quand il allait répondre :

-       Je…

-       Oh ! qu’est-ce que tu fous ? tu viens oui ? demanda un des gars de mon groupe

-       Attends, on arrive !

-       “on“ ? Qui ça “on“ ? tu comptes pas nous imposer l’autre intello quand même ?

J’allais répliquer que c’était qu’un pauvre con mais ce garçon fut plus rapide que moi :

-       C’est drôlement chic de parler aux gens pour tendre la perche à ses copains. Nan vraiment c’est sympa de ta part d’endosser ce sale rôle ! dit-il ironiquement et avec dédain. Casses-toi maintenant !

Je m’éloignais de lui sans oser ajouter un mot, giflait mon compagnon et allait me poster devant ma salle de classe le reste de la récré.

            Plutôt du genre glacial comme premier contact, vous ne trouvez pas ? Je trouve aussi. Toujours est-il qu’il vînt à son tour attendre la fin de la fin de la récré devant la salle. Il failli rebrousser chemin en me voyant, je le retins par le bras pour m’excuser, que s’il m’avait laissé parler j’aurais incendié l’autre idiot. Il me rassura en me disant qu’il me croyait : il avait vu la baffe monumentale que je lui avais administré tout de suite après. Cependant, il me demandé de l’ignorer autant que possible. Pour être honnête je pensais que ce serait facile, je ne lui avais jamais vraiment parlé après tout. Mais cela s’avéra plus compliqué que ce que je croyais ! Il n’était pas quelqu’un qu’on pouvait qualifier de beau, mais il avait tout de même du charme derrière ses lunettes. Ses yeux verts s’accordant parfaitement avec ses cheveux d’un noir d’ébène avaient attirés mon attention. Je me surprenais à l’observer pendant les cours. Je pensais souvent à lui. Je souhaitais devenir son ami, aussi simplet que cela puisse paraître, je le voulais de tout mon cœur.

Posté par kiriachan à 16:36 - Prisonnier [fini : 9] - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


Prisonnier (2)

Un jour, juste avant les vacances de Noël je me décidais à rompre la “promesse d’ignorance“ que je lui avais faîtes et j’allai lui parler :

-       Bonjour ! dis-je

-       Tu as réussi à tenir hm presque deux mois ! dit-il prenant une mine impressionnée. Bravo, fit-il ironique, mais tu peux me dire pourquoi tu ne continues pas ?

-       Je voulais juste te parler, ça te dit qu’on se voit une fois ou deux pendant les vacances ?

-       Pourquoi le gay le plus en vue du lycée verrait un pauvre binoclard comme moi pendant les vacances ?

-       En toute amitié bien sûr ! Mais si le fait que je sois gay te gêne je me casse ! concluais-je un peu vexé par ses paroles prononcées sur un ton dur.

J’eus à peine le temps de faire volte face qu’il reprit :

-       Je m’en fous ! J’ai juste pas digérer la dernière fois que tu m’as parlé avec tes “amis“.

-       T’es rancunier ?

-       Ouais.

-       Enfin bref, c’est pas grave, tu veux bien alors ?

-       Je sais pas… on va pas se foutre de moi ?

-       Qui nous verra pendant les vacances ?

-       …ok, dit-il  après quelques secondes d’hésitation

-       Cool, le premier lundi des vacances, au ciné à 15heures ?

-       D’accord.

A 15 heures, ce fameux lundi, on se retrouvait au cinéma. J’avais choisi une comédie pour briser la glace. J’avais bien fait, en sortant nous rigolions encore en nous rappelant les pics que s’envoyaient les personnages. Après ça je lui proposais de venir chez moi, chose qu’il accepta sans aucunes manières, ce qui m’étonna. Arrivé chez moi on s’enferma dans ma chambre et y passâmes l’après-midi. Finalement, c’est ma mère qui fit le pas que je n’osais franchir, elle nous proposa qu’il reste chez nous passer la nuit. Je jubilais, il hésitait, je suppliais, il restait, nous jubilions. Mon lit étant de deux places on décida qu’on dormirait ensemble, connaissant ma “condition“ il me regarda inquiet, voyant que j’explosais de rire face à sa tête il ne s’y opposa pas.

            Il alla dans la salle de bain en dernier, je l’attendais sur le lit en feuilletant un magazine ciné que j’avais pris lors de notre sortis de l’après-midi. Il entra dans ma chambre, je ne levai pas la tête tout de suite. Je ne dus pas être assez rapide à son goût car il se racla la gorge. Je levai lentement les yeux et à sa vue je fus parcouru d’une véritable décharge électrique. J’en restai bouche bée ! Il était tout simplement magnifique ! Il avait retiré ses lunettes et ses cheveux tombés en désordre sur son front. Il me regardait l’air désolé en tirant loin de lui le pantalon de pyjama que je lui avais prêté pour montrer qu’il était trop large. En effet j’avais mis à sa disposition un de mes pyjamas, mais étant plus grand que lui il nageait littéralement dans ces vêtements ! Je devais avoir un air gourmand, ou quelque chose comme ça, car il soupira un tapant du pied d’anxiété. Finalement je rigolais sans la moindre retenue et déclarait que comme ça ça n’allait pas être possible. Me voir rigoler le détendit et il joint ses rires aux miens. Je dénichais un vieux de mes T-shirt et lui tendit. Sans aucune pudeur il retira le haut qu’il portait jusqu’à maintenant, découvrant un torse magnifique, un peu musclé même. Je ne me gêné pas pour le regarder, chose qui le fit rougir, il n’essayât pourtant pas de le cacher. S‘il était beau rougissant ? Mon dieu oui !  Vous trouvez ça mignon ? Ha ha ! Oui c’est vrai qu’il était mignon. On n’aurait pas dit que ce caché un tel apollon derrière ses vêtements et ses airs si stricts. Pour en revenir à mon récit : il enfila tout de même le T-shirt que je lui avais tendu. Malheureusement, cette fois il fut également trop petit pour lui, il le moulait un peu trop. Cette fois je devais carrément ressembler à un vieux pervers puisqu’il le retira, remettant presqu’aussitôt celui qui était trop grand en déclarant que ça irait très bien. J’utilisais tout de même mon droit de veto pour le pantalon : il était vraiment trop grand, c’était comme s’il n’en avait pas puisqu’au moindre de ses mouvements il tombait. Suivant cette logique il le retira et resta en boxer sous son T-shirt. Cette fois ce fut ses jambes qui me captivèrent. Elles étaient fines, claires, splendides. On en aurait mangé ! Il vint me rejoindre sur le lit et se glissa sous les draps. Je fus bien obligé d’arrêter de le fixer, je me faufilais à mon tour sous les draps. Nous étions dos à dos, trop loin pour nous toucher, assez près pour sentir la chaleur émanant du corps de l’autre. Nous n’osions plus parler. Mais finalement le sommeil nous rattrapa.

Posté par kiriachan à 17:44 - Prisonnier [fini : 9] - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

Prisonnier (3)

Le lendemain matin je me réveillai en sentant un souffle chaud contre mon torse. Je papillonnais et baissais les yeux pour découvrir mon ami endormit, blotti entre mes bras.  J’essayais de me dégager mais je ne voulais pas le réveiller. Je vis qu’il serait plus fort les paupières, je sentais qu’il allait émerger. Automatiquement je refermai les yeux, faisant croire que je dormais encore. Lui me regardait étonné, mais ne se dégageait pas. Au contraire, je sentis qu’il se collait un peu plus contre moi. Etonné à mon tour, je rouvris les yeux, les clignai plusieurs fois avant de constater qu’il s’était déjà rendormi. Ou alors faisait-il comme moi quelques secondes auparavant ? Je l’appelai par son prénom, il ne répondait pas, je gigotai un peu : aucune réaction si ce n’est un petit grognement. Il dormait vraiment. Je souri et le regardai tendrement avant de secouer vivement la tête pour chasser les idées qui m’envahissaient. Le contact de ses cuisses nues contre mes propres jambes, et son corps entier contre le mien en fait, me faisait me sentir tout drôle. Ce n’était pas une sensation désagréable loin de là ! Mais c’était tout de même embarrassant, la chaleur montait en moi, un peu plus à certains endroits qu’à d’autres, ce qui devint gênant. Je rougis et essayait de le repousser avec plus de convictions que la première fois. Je réussi sans la réveiller ce coup-ci. Je me mis de dos par rapport à lui et essayait de penser à autre chose. Mais tout d’un coup il vint se plaquait contre mon dos, enroulant mon torse de ses bras. Une prise ne semblant pas impressionnante comme ça mais assez ferme tout de même. La chaleur, qui avait commencé à baisser, remonta aussitôt. J’essayai de me contrôler mais il ne me facilitait pas la tâche ! Il devait faire un rêve agréable car il se mit à bouger ses bras autour de moi, me procurant une caresse très probablement contre son gré. Il alla jusqu’à passer une de ses jambes au-dessus des miennes. S’en fut trop, je me levai d’un bond, l’expulsant de l’autre côté du lit. Il me regardait l’air mi-surpris mi-endormit. J’allai me refugier dans la salle de bain et me précipitai sous le jet d’eau froide. Je revenais encore dégoulinant. Cette fois il explosa de rire en me voyant ainsi. La façon dont je m’étais réveillé avait beau avoir été des plus agréables, la douche froide m’avait rendu de très mauvaise humeur, aussi je répliquai plus sévèrement que je ne l’aurai voulu :

-       Rigole pas ! Si tu m’avais pas excité je serais pas dans cet état !

-       Qu’est-ce que j’ai fait ? demanda-t-il inquiet, perdant instantanément son sourire.

-       Rien, rien… le rassurai-je tout en prenant de nouveaux vêtements dans mon armoire. On s’est rapproché pendant la nuit, et ça m’a suffit pour…enfin bref. Pardon, je ne voulais pas être aussi dur, c’est pas de ta faute.

Il me regardait stupéfait, puis un sourire satisfait se dessina sur ses lèvres. Je l’observai étonné (j’en profite pour dire qu’il avait un sourire magnifique ! ^^), et lui demandait pourquoi il souriait :

-       J’ai quand même réussi à te faire bander ! dit-il sarcastique

Je réagi au quart de tour et me jetai sur lui. Il se retrouvait de nouveau allongé sur le lit, moi assis à califourchon sur lui et lui tenant les mains au-dessus de la tête.

-       N’espères en tirer aucune fierté, tu n’auras pas été le premier, et tu ne seras sûrement pas le dernier, dis-je menaçant.

-       Qu’est-ce que t…

Mais je ne lui laissé pas le temps de répondre et j’allai écraser mes lèvres contre les siennes. Je le senti s’enfoncer dans le lit, il se débattait mais je ne lâchai pas prise pour autant. Au bout d’un moment il arrêta de bouger. Je pensais qu’il allait prendre part au baiser, je me trompais : il restait complètement passif. Enfin je le libérai, immédiatement il me repoussa avec violence. Je ne l’avais jamais vu comme ça : il tempêtait. Il me regardait de haut, beaucoup plus menaçant que je ne l’avais été quelques instants auparavant.

-       Qu’est-ce qui t’as prit ? demanda-t-il très calmement, ce qui faisait le plus peur en réalité.

-       Je…je sais pas ce qu’il m’a prit…je suis désolé, je… excuses-moi s’il-te-plaît.

-       Imagines tu seulement ce que j’ai pu ressentir ?

-       Oui, je… Pardon, j’imagine très bien le dégoût et le mépris que tu dois éprouver à mon égard mais…ne voudrais-tu pas oublier ?

-       Oublier ? ha ! Oublier ? tu me fais rire ! comment oublier ce moment que j’attends depuis… il coupa net, se mettant une main devant la bouche.

-       Qu’as-tu dit ?

-       Qu’… qu’oublier ça était impossible…

-       Mais encore ? questionnai-je retrouvant ma confiance en moi.

-       Rien, tu entends des voix ! dit-il avec dédain.

-       Hm, j’imagine…dis-je en souriant

Je m’approchai de façon féline vers lui. A chaque pas en avant que je faisais, il reculait de deux.

-       Tu sais que tu es très beau sans tes binocles, t’as déjà pensé aux lentilles ?

Deux pas en avant, quatre en arrière.

-       Et tes cheveux, pourquoi tu les plaques toujours sur le côté ? T’es si sexy comme ça…lui susurrai-je.

Il était maintenant coincé contre le mur, et moi qui m’approchais inlassablement. Je n’étais plus qu’à quelques centimètres de lui :

-       Alors qu’est-ce que tu disais ?

Il ne chercha pas à me répondre et se jeta sur mes lèvres. Très surpris, j’eus un brusque mouvement de recul, mais qui ne suffit pas à l’éloigner. Nous tombâmes en arrière et cette fois ce fut lui qui se retrouvait à califourchon sur moi.

-       Tu fais moins le malin maintenant ! raya-t-il

-       Imbécile ! criai-je en nous relevant. Pourquoi t’as fait ça ?

-       Pour te faire enrager ! Et ça marche !

-       Pff, je ne te savais pas si gamin !

-       Ah tu crois ça !

Il s’approcha doucement, posa une main sur mon visage et m’embrassa. Je ne lui résistai pas longtemps, je répondis très vite au baiser qu’il me donnait. Au début il n’avait rien de particulier, puis il devint passionné, et enfin fougueux. Nous nous goûtions vraiment pour la première fois, c’était magique ! Et mon Dieu qu’il embrassait bien ! Il avait passé ses bras autour de ma nuque, tandis que je le rapprochais de moi en le prenant par la taille. Il éloigna son visage du mien quelques secondes et revint plus gourmand que lors du précèdent. Je reculai doucement et m’assis sur le lit, le tirant sur mes genoux. Alors que je passai mes mains sous son T-shirt il interrompit tout et dit :

-       Stop.

-       Pourquoi ? demandai-je réellement déçu

-       Je le regretterai encore plus si on continu.

Sur ce il me laissa digérer ses paroles et se rendit dans la salle de bain. « Evidemment, il n’est pas gay… Mais qu’est-ce qu’il m’a prit ?! » pensai-je en me frappant le front.

            Un quart d’heures plus tard, j’allai descendre déjeuner lorsque j’entendis des sanglots en provenance de la salle de bain. Je frappai et rentré sans bruit :

-       Hé, ça va ?

-      

-       Je suis vraiment désolé pour tout à l’heure, c’était entièrement de ma faute. Je te promets que cette fois je ne reviendrai plus te parler, tu n’entendras plus parler de moi…dis-je penaud.

A ces mots il sortit brusquement de la douche, me déshabilla avant que je n’ai le temps de dire « ouf », me poussa sous l’eau, referma la porte de la cabine derrière lui et se jeta sur me lèvres. Complètement sous le choc je le regardai avec incompréhension. Il me lâcha et recula un peu. Il n’osait pas me regarder et était rouge comme une pivoine !

-       Je ne veux pas que tu m’ignores…ça fait trop mal… Je ne comprends pas ce qu’il m’arrive. J’ai chaud quand tu me regardes, quand tu me parles, quand tu me souris. Si tu savais le mal que j’ai eu à m’endormir hier. Je ne connais pas tout ça… Et quand tu m’as embrassé tout à l’heure, j’ai eu si peur, et j’étais si bien à la fois, je ne savais plus quoi faire, tout comme maintenant, je me sens si stupide ! Au début de l’année je te jalousai à cause de ton assurances, de tes amis, et plus le temps passait, et moins j’arrivai à m’empêcher de t’admirer, au final ce sont tes “ex“ que je me suis mis à jalouser. Je leur en voulais sans savoir pourquoi. C’était si pénible ! Et maintenant, je suis complètement perdu…lâcha-t-il en s’agrippant les cheveux d’une main, il commençait même à pleurer.

Ça tirade me toucha plus que toutes les déclarations réunies que j’avais reçu. Ça peine me rendit triste. Je me rappelais notre baiser dans la chambre en me laissant envahir par une douce chaleur. C’était donc ça l’amour ? le coup de foudre ? Etonnant. Mais si doux. Il n’osait toujours pas croiser mon regard, aussi lui pris-je le menton, lui soulevant le visage pour qu’il me voie. Je voulus être doux mais ce fut plus fort que moi : je le plaquai contre la paroi, plaçai mes deux mains de chaque côté de sa tête et l’embrassais avec voracité, amis plus tendrement que jamais. Je ne cessai de lui lâcher les lèvres pour les reprendre dans la seconde qui suivait. Entre deux baisers je lui dis :

-       …je t’aime…

Les larmes se remirent à couler à flot de ses yeux et il se jeta dans mes bras en articulant entre deux hoquets :

-       Moi aussi…moi aussi…

Je le serrai fort contre moi et nous restâmes ainsi dans les bras l’un de l’autre pendant un long moment.

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28 février 2009

prisonnier (4)

Nous nous vîmes encore souvent pendant les vacances. La plupart du temps nous allions au ciné, puis il venait chez moi et restait dormir. Nous ne faisions que nous embrasser, il refusait que j’aille plus loin ; au début je comprenais, mais au bout d’un moment j’en vins à me demander s’il ne voulait pas juste se faire désirer. Enfin, je ne voulais pas le brusquer, c’est pourquoi je laissais mes frustrations de côté. Ce jour là était notre dernière sortie avant la rentrée. Nous sortions du cinéma. C’était presque toujours moi qui choisissais le film qu’on allait voir, et cette foi-là j’avais opté pour un film d’horreur. Je vois que vous souriez. Vous avez raison, si j’avais choisi un film d’horreur c’est parce que j’espérais qu’il s’accrocherait à moi durant la séance. Seulement voila, non seulement il était fasciné par le film, mais en plus c’est moi qui me surpris à me coucher sur lui de peur ! Enfin, c’était du pareil au même, non ? Finalement nous nous rendîmes chez moi et nous couchèrent.

-       Dis… ? fis-je

-       Hm ?

-       ‘fait tout noir…dis-je honteux.

-       Alors ?

-      

-       T’as peur ?

-      

-       Tss, on dirait pas comme ça mais t’es une vrai chiffe-molle !

En réaction à ces mots je me postai à l’exacte opposé de la où il se trouvait. Il soupira doucement et je sentis ses bras entourait ma taille. Je souriais, me retournai et l’embrassai délicatement. Je n’eus pas à attendre longtemps avant qu’il ne laisse ma langue rejoindre la sienne dans un ballet de plus en plus intense. Je le poussais légèrement en arrière, le forçant à s’allonger complètement. Je me mis à califourchon sur lui sans pour autant lâcher sa bouche. Il passa ses mains sous mon T-shirt et me le retira. Initiative qui m’étonna mais que j’appréciais. Répondant à son invitation je lui ôtai le sien dans la minute suivante. Je ne résistais pas plus longtemps et déviai ma bouche de ses lèvres pour aller embrasser son cou. Je descendis et allai sucer ses tétons. Je descendis encore, laissant un sillon humide sur son torse imberbe. Je le sentais se crisper sous mes caresses, tout autant que je sentais durcir quelque chose entre mes jambes. Je remontais pour reprendre ses lèvres et lui demander :

-       Je peux aller plus loin ?

-       Hm…

Je redescendis aussi lentement que la première fois, profitant de ce moment que j’attendais depuis le début de notre relation. Je l’entendis soupirer alors que je passais ma langue sur son nombril. Arrivé au niveau de son boxer j’hésitai quelques instants et lui retirai. Je me redressai un peu et observai son corps nu couché sous le mien. Je l’admirais trop longtemps car il me demanda :

-       Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?

-       Tu es tellement beau…

Il faisait noir mais je suis sûr qu’à cet instant il rougissait. Je me rapprochai de son sexe et commençai à le lécher méthodiquement. Il soufflait fort, me donnant encore plus de désir à son égard. Il gémit pour la première fois lorsque je le pris en bouche. Sa voix m’excita au plus haut point. Plus je le prenais profondément plus il se confondait en soupirs. Tout chez lui révéler le plaisir qu’il éprouvait, il commençait même à donner de petits coups de bassin, intensifiant mes propres mouvements sur son sexe. Je n’en pouvais plus de le voir, de l’entendre, de le sentir, je pris en main mon propre sexe et me masturbais, ajustant mes gestes au rythme de ma bouche. Quelques minutes plus tard nous nous libérions en cœur. J’avalais tout, allai l’embrasser, et quand je voulus aller me laver il me retint par le bras. Il saisit ma main enduite de mon propre sperme et la lécha avec application. Je le regardais étonné mais me laissais faire. Quand il eut fini il déposa un tendre baiser sur mes lèvres, me fit m’allonger et se mit à lécher ce qu’il en restait sur mon torse. Il hésita au niveau de mon bassin mais finit par y poser sa bouche. Il suffit de ce simple contact pour que je bande de nouveau. Je sentis sa bouche s’étirer en un large sourire contre ma peau. Il me prit en bouche à son tour, et, du fait de la surprise, je laissai échapper un long gémissement. N’y tenant plus je lui posai la question :

-       Fais-moi l’amour…

-       Quoi ?

-       Fais-moi l’amour, s’il-te-plaît…

-       Je sais pas si...enfin je sais pas comment…

-       Si tu ne sais pas comment on fait, laisse-moi faire… Alors tu es d’accord ?

-       …oui… dit-il près quelques secondes d’hésitation

Je me redressai et me mettait à califourchon sur lui tout en l’embrassant. Je lâchai sa bouche et me léchai les doigts, je me préparais seul tandis qu’il me regardait inquiet :

-       Qu’est-ce que tu fais ? Tu as mal ?

-       …non…

Lorsque je fus prêt je me positionnai au-dessous de son sexe et le faisais pénétrer doucement. Je grognai de douleur tout en m’empalant de plus en plus. Lui gémit mais se reprit en voyant que je commençais à pleurer.

-       Arrête !

-       …pour…quoi ?

-       Mais tu as mal !!

-       C’est normal… T’en fais pas, dis-je en m’asseyant complètement sur lui.

Un cri de douleur m’échappa tandis que lui soupirait d’aise. Je restais quelques instants sans bouger puis commençai lentement à m’activer sur lui. Très vite je joins mes soupirs aux siens. J’accélérai rapidement les mouvements, il me saisit les cuisses et m’attira encore plus contre lui. Je m’agitais de plus en plus, gémissant plus que jamais. Je n’avais ressenti autant de plaisir avant, avec mes ex. J’éprouvais de toutes nouvelles sensations, et je ressentais celles que j’avais déjà connues avec trois fois plus d’intensité. Je le sentais butter contre ma prostate et à chaque fois il m’arrachait une plainte de bonheur. Je le devinais prêt à jaillir, aussi augmentai-je le rythme de mes ondulations sur son corps. Sa main captura alors mon pénis et se mit à faire des va-et-vient. Quelques minutes plus tard nous nous libérions dans un dernier râle de plaisir. Je me baissai et déposai mes lèvres sur les siennes. Je me retirai et me couchait à côté de lui. Il m’enlaça par la taille et me déposa un baiser sur la nuque, c’est ainsi que nous nous endormirent.

       

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prisonnier (5)

            Le lendemain matin lorsque je me réveillai, je le vis qui m’observait, un grand sourire aux lèvres.

-       Tu es beau quand tu dors.

-       Et toi quand tu souris, lui répondis-je en l’embrassant.

-       Je… enfin hier… c’était bien, dit-il en rougissant.

-       Hm, magique.

-       Demain c’est la rentrée… déclara-t-il en perdant son superbe sourire

-       Ouais. Pas besoin de faire cette tête d’enterrement pour autant, qu’est-ce qu’il y a ?

-       Ben… comment ça va être ? Je suis “l’intello de base“, toi le chaud lapin du lycée, je suppose que te voir avec moi…

-       Stop ! Qu’est-ce que tu crois, que j’ai honte de toi, que je vais t’éviter, ou te larguer ??

-       Non, mais, ça va vite t’embêter d’être avec moi et tu…

-       Et je quoi ? le coupai-je sévèrement. Tu te fais du souci pour rien ! Ne t’inquiètes pas, je veux pas, et je ne vais pas, te laisser tomber pour les abrutis du lycée. Je t’aime, tu comprends ça ?

-       Oui, moi aussi je t’aime, conclut-il en retrouvant son sourire.

Il rentra chez lui dans l’après-midi et nous nous retrouvâmes le lendemain matin, le jour de la rentrée.

-       Bonjour, me dit-il distant quand il me vit

-       Et t’espères t’en tirer comme ça ? lui lançai-je moqueur

Je m’approchai de lui à grands pas et l’embrassai à pleine bouche. Tout le monde nous regardait, choqué. Je le pris par la main et nous nous rendîmes en cours. Il ne lâchait pas le sol des yeux, moi je regardais loin de moi, très fier. Je m’assis à sa table en cours et nous nous quittèrent pour les cours de langue. A la récré je me rendais en salle de perm, il était à sa table habituelle, il avait déjà sorti son livre. Je saluai tous mes amis et allait le rejoindre sous le regard stupéfait de mon assemblée. Il baissa son livre, je déposai mes lèvres sur les siennes et il replongea aussitôt dans son bouquin, rouge jusqu’aux oreilles. Je lui demandai étonné :

-       Qu’est-ce qu’il y a ?

-       Ça me gêne…t’as vu comme il nous regarde ?

-       On s’en fout !

-       Ça fait un peu peur quand même.

-       Tu t’y habitueras tu verras ! Et ça te dit que…

-       Oh ! tu fais quoi la ? me coupa un des gars du groupe

-       Je parle ça se voit pas ? Je reviens, dis-je avant de me diriger vers les autres. Y’a un problème ?

-       Ben, vous êtes ensemble ? questionna un

-       Oui, et alors ?

-       D’accord il est mieux les cheveux comme ça et les lentilles c’était bien vu, mais…

-       Mais quoi ? m’emportai-je

-       Ben c’est LUI quoi ! j comprends pas, et pis d’habitude tu couche avec et tu le jette et là…

-       Je l’aime c’est si grave à vos yeux ?

-      

-       Pff, vous êtes pitoyables ! Vous êtes jaloux ou quoi ?

-       T’es vraiment con !

-       Je me fiche de ce qu’un imbécile comme toi pense de moi ! Mais vous avez pas intérêt à l’approcher c’est clair ? criai-je menaçant.

Je me retournai et tendis la main, il me rejoint, s’en saisit et nous partîmes, laissant les autres complètement sonné.

-       Tu n’aurais pas dû faire ça, dit-il soucieux.

-       Pardon ? criai-je presque, interloqué.

-       Ce sont tes amis ! Tu n’aurais pas dû te disputer avec eux pour moi…

-       Ce sont des amis, et toi tu es MON copain, s’il ne l’accepte pas tant pis pour eux ! C’est d’accord ?

-       Hm.

Et on n’en reparla plus. Je ne comprenais pas sa réaction, il était tout pour moi, n’était-ce pas réciproque ? Dans ma situation aurait-il préféré ses amis ? J’étais assailli par ce genre de questions douloureuses, mais je faisais en sorte qu’il ne le remarque pas. Il devenait de plus en plus distant, refusait presque toujours mes propositions de sorties. On se prenait la tête pour rien, il pouvait m’ignorer pendant des jours ! Il ne parlait plus, se contentant de m’écouter. Je remarquais aussi qu’il avait maigri, il ne souriait presque plus. Je m’inquiétais énormément, je n’arrivais pas à trouver ce qui clochait. Je me sentais de plus en plus mal à l’aise quand il était là, comme oppressé. Pour ne rien arranger j’étais devenu le bouc-émissaire de mes “amis“, pour être honnête je m’en foutais royalement. Mais ce n’était pas le cas de tout le monde. Il s’en sentait d’autant plus mal, comme si c’était lui qu’ils insultaient. J’essayais de le rassurer mais rien n’y fit.

Posté par kiriachan à 20:22 - Prisonnier [fini : 9] - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

prisonnier (6)

Finalement les vacances arrivèrent. Nous reprîmes nos habitudes. Nous retournions au cinéma, et il revenait dormir chez moi. On fit l’amour deux fois, à chaque fois qu’on avait fini je voyais quelques larmes s’échappaient de ses yeux. Je préférais ne rien dire de peur d’aggraver les choses. A la troisième fois, il m’arrêta et nous n’eûmes quasiment plus aucuns rapports physiques, aussi insignifiant soit-il. Il passait beaucoup de temps chez moi. Il lisait, je somnolais sur son épaule. Parfois, il lui arrivait de pleurer au beau milieu de sa lecture. Ces crises me sortaient de ma torpeur, je le prenais alors dans mes bras et le berçais, dans ces moments là il s’agrippait à mon pull comme à une bouée de sauvetage et il me disait des « je t’aime » désespérés.

            Au moment de la rentrée ce fut pire que tout ! Il était extrêmement pâle, il mangeait mais tellement peu ! Les autres, voyant son état et mon désespoir, nous oublièrent, certains revinrent même me parler. Ceux-là devinrent même de proches amis. Quand il ne pouvait être avec moi, je sortais avec eux. Ils me rendirent le sourire et me redonnèrent envie de m’amuser. J’étais jeune, enfin, un peu plus que maintenant  vous m’avez compris, et il devint vite un poids. J'étais prisonnier de son humeur, de lui en entier.  Il ne s’ouvrait pas, il ne me disait rien, je ne savais plus quoi faire pour l’aider, pour sauver notre couple aussi… Un jour que je lui demandais une nouvelle fois ce qui n’allait pas j’explosai :

-       Tu ne veux toujours rien dire ? Laisse-moi être honnête avec toi, j’en ai marre ! dis-je en hurlant presque la fin de la phrase. Tu ne parles plus, tu ne ris plus, tu ne manges quasiment plus. Je ne peux plus te toucher, même t’embrasser est devenu synonyme de récompense divine ! Je te demande pourtant pas grand-chose ! J’ai tout essayé, alors toi, dis-moi qu’est-ce que je dois faire ? Mais qu’est-ce que je dois faire ??

-      

-       Bizarre, je m’attendais à cette réponse ! dis-je ironique.

-       …je t’aime… murmura-t-il misérable

-       Ah non ! C’est trop facile ! Je…je me demande même si tue s sincère ! Je ne comprends pas tu entends ?! Dire « je t’aime », ah ! Désolé mais c’est trop simple, la pitié ne marchera pas, j’y arrive plus, je peux plus…

-       Je te fais donc pitié ? Dans ce cas je vais y aller, et pardon de t’avoir causé tant de problèmes.

Il dit cette phrase sur un ton tellement neutre et dénudé de tout intérêt que je me retins de le gifler. Il se leva calmement, mit son livre et disparut, me laissant planter au milieu de ma chambre. En entendant la porte d’entrée se refermait, je claquai violemment celle de ma chambre. Je donnais de grands coups de pieds dedans et me jetai sur le lit, sans dormir pour autant. A vrai dire je ne dormais pas de la nuit, ni la suivante, ni la suivante, ni la suivante…

            Notre rupture avait été plutôt brutale. Au lycée il avait retrouvé ses airs d’aristocrates et ses lunettes trônaient de nouveau sur son nez. Il avait également retrouvé l’usage de son mp3. Moi je restais avec deux/trois amis, même si la plupart du temps je ne me joignais pas à leur conversation. On se croisait souvent dans les couloirs, en classe j’essayais de l’ignorer, mais sans grand succès… C’était une véritable torture.

             Le temps passa, ça va faire deux ans déjà. Je ne m’en suis jamais vraiment remis à vrai dire. Je n’ai pas touché un seul homme depuis, lui on plus à ma connaissance. En vérité je ne l’ai jamais oublié, il était toujours quelque part, dans un coin de ma tête. Nous sommes en terminale à présent, plus dans la même classe mais nous nous croisons souvent. C’est douloureux. Oui, en fait je crois que je l’aime toujours. Si vous saviez à quel point il me manque depuis cette fameuse rentrée où tout à basculer ! Si vous saviez le nombre de fois où j’ai rêvé que je le retrouvais comme il était avant : moqueur, arrogant, fier… Que des qualités comme vous dites ! Ha ha ! Mais ne vous faîtes pas une mauvaise image de lui : il était aussi doux, sensible et pouvait se montrer compréhensif. Ça aussi ça vous surprend ? Bah, ça ne m’étonne pas. Je suis désolé de vous avoir pris tant de temps, ne m’en voulais pas s’il-vous-plaît. Vous étiez venus dans ce bar pour vous amusez je suppose, pardonnez-moi de vous avoir raconté tous mes malheurs… J’espère que je ne vous ai pas trop ennuyé, sur-ce au revoir mademoiselle (monsieur ^^), et encore pardon.

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Posté par kiriachan à 20:24 - Prisonnier [fini : 9] - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

prisonnier (7)

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            Je sors du bar où j’avais rencontré cette charmante fille, sans vraiment comprendre pourquoi, parler avec cette inconnue m’a fait du bien. L’air frais me dégrise un peu, un peu trop à mon goût en fait. Je me dirige vers un autre bistrot, commande un alcool fort et en ressort complètement saoul. J’échoue dans un par cet m’écroule sur un banc. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis là mais je commence à avoir très froid, nous sommes en hiver après tout. J’entends des pas, le gardien qui vient me mettre dehors peut-être ? Apparemment non :

-       Qu’est-ce que tu fous là dans cet état ? me demande-t-on d’une voix qui m’est familière mais que je n’arrive pas à identifier.

-       Ipqghbpzm !

-       C’est incompréhensible ! Bon, si je te laissai crever de froid ici je m’en voudrais quand même… dit la voix

Tout de suite après je sens qu’on me soulève et qu’on me fait marcher en me soutenant. Cet homme a une poigne impressionnante. Cette voix, ce contact, cette présence me réchauffe et m’apaise sans que j’arrive à me l’expliquer. Je me sens bien. J’ignore combien de temps nous avons marché, tout ce que je sais c’est qu’à présent je suis dans un lit, c’est chaud et doux. Il ne m’en faut pas plus pour sombrer dans un profond sommeil.

Posté par kiriachan à 20:25 - Prisonnier [fini : 9] - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

prisonnier (8)

En me réveillant je suis pris d’un mal de crâne incroyable ! J’ai mal, mais j’ai mal ! Je me redresse doucement et constate avec horreur que je ne suis pas dans ma chambre. Je tourne ma tête dans tous les sens pour voir si je reconnais quelque chose ; mauvaise idée : mon mal de tête prend des dimensions que je croyais impossible d’atteindre. Je râle et en réponse j’entends : « hmm… ». Mon Dieu ! Ca bouge à côté de moi ! Mais qu’est-ce que j’ai bien pu faire hier soir ??!! J’essaye de m’en rappeler, en vain.

-       Putain Simon*, arrêtes de faire du bruit ! Je dors…

Mince, il connait même mon nom ! Ce qui veut dire qu’il m’a donné le sien ! J’essaye quelque chose, on verra bien :

-       Hé…euh…toi ! On est où là ?

-       Simon ?

-       Ben…oui ?

-       Simon…Simon ?

-       Oui Simon Simon, y’a pas 36 Simon !

-       Et merde ! dit l’homme en se relevant brusquement.

Il s’avance vers ce qui semble être une armoire. Je ne vois presque rien à cause de l’obscurité mais il a l’air drôlement beau ! Il a une silhouette fine, il semble un petit peu musclé aussi. Il prend quelque chose et me le jette à la figure. Il s’agit d’un sweat, je le mets, non mais parce qu’en plus je suis en boxer> ??!! (Hé oui je viens de m’en rendre compte…    -_-). L’homme s’avance vers un mur et prévient qu’il va ouvrir les volets. Au premier rayon de soleil je suis ébloui et obligé de fermer les yeux. Lorsque je suis un peu habitué je les rouvre doucement. Une chevelure d’ébène et des yeux d’un vert éclatant, cette fois je le reconnais aussitôt !

-       Julien ! **

-       Salut…

C’est lui, l’homme que j’aime depuis la seconde, celui qui me fait rêver, et que j’ai envoyé balader si durement il y a deux ans. Il se tient devant moi, vêtu d’un simple jogging, baignant dans la lumière du soleil. Il me regarde avec un air mi-triste mi-amusé. Je ne sais plus quoi dire, je suis médusé. Et complètement sous le charme aussi…surtout. Il n’a pas changé, enfin si, un peu. Il a grandi, a retrouvé ses kilos perdu en seconde ainsi que cette lueur dans le regard qui le rend vivant et que j’aime tant ! Il a un visage plus adulte, mais il n’a rien perdu de sa beauté !

-       Je t’ai trouvé sur un banc dans un parc hier. Tu étais complètement bourré, je pouvais pas te laisser comme ça.

-      

-       Tu ne me facilites pas la tâche en ne parlant pas…

-       J’en connais un qui ne parlait pas non plus à une certaine époque non plus, je fus plus dur que je ne l’aurais voulu.

-       Excuses-moi, je…

-       T’excuser ? mais j’en étais malade ! Pourquoi tu étais devenu comme ça ? Tu ne m’as jamais rien dit, et maintenant tu réapparais comme une fleur ?

-       C’est gentil de me comparer à une fleur mon cœur, dit-il en me souriant tendrement.

-       Ne m’appelle pas comme ça !

-       Tu te rappelles comment ça a commencé nous deux ? Tu avançais vers moi lentement, tu me faisais peur à ce moment tu sais ? Et puis il a bien fallu que je rencontre le mur, toi tu te moquais de ma peur, tu continuais d’avancer, et je t’en serai toujours reconnaissant. Et puis, tu m’as embrassé comme ça…

Il avait prononcé ces mots en s’avançant vers moi de la même démarche féline que j’avais utilisé “contre lui“ lors de notre premier baiser. Cette fois c’est moi qui suis complètement tétanisai ! Je n’ai même pas osé bouger du lit, et maintenant il pose ses lèvres sur les miennes. Encore une fois je cède à mes pulsions : je le tire brutalement à moi par la taille et me répond avec ardeur au baiser qu’il me donne. Tout tourne autour de moi, je me sens bien, je l’attends depuis si longtemps ce baiser, ce retour de la personne que j’aime. Il s’écarte, trop tôt, mais ça suffit à me ramener à la réalité. Je le regarde effaré tandis que lui semble très fier de lui et très heureux.

-       Expliques-moi.

Il quitte mes bras et s’adosse contre le mur, son si beau sourire a disparut.

-       J’étais malade.

-       Malade ?

-       Ouais, enfin psychologiquement quoi, je déprimais.

-       Pourquoi ?

-       Je sais pas vraiment, pis à 15 ans, l’adolescence, toutes ces conneries, ces standards auxquels ont doit absolument ressemblé. J’étais très mal dans ma peau, pis y’a eu toi ! Ha toi ! On peut pas dire que tu m’as aidé, t’imagine même pas à quel point je complexais ! Déjà je découvrais que j’étais homosexuel, c’est pas forcément facile à digérer. Et t’étais le mec le plus en vue de tout le lycée, le number one toutes catégories confondues ! Comparé à toi moi j’étais rien, un sous-rien-du-tout. J’avais l’impression de ne pas être à l’hauteur pour pouvoir sortir avec un mec comme toi, et m’exposai aussi tôt aux regards des autres m’a fait me sentir rejeter. Tu n’y étais pour rien en fin de compte, j’étais juste complètement dingue, je me montais le bourrichon pour rien et ça a fini par devenir sérieux… il dit ça en sortant une cigarette et en l’allumant. Il tire une fois dessus et reprends. Je t’aimais, c’est la seule chose dont je suis sûr et certain, et te quitté a été un coup dur, très dur même. J’ai eu du mal, même si on n’aurait peut-être pas dit comme ça. Et puis j’ai fini par remonter la pente, je savais que j t’aimais toujours, je n’ai jamais réussi à t’oublier. Mais je n’osai pas venir te voir non plus, imagine un peu la scène ! haha !

-      

-       Pour finir je suis tombé sur toi hier soir, t’étais bourré, j’aurai pas pu te laisser là, je m’en serai voulu toute ma vie, et c’était l’occasion ou jamais de te parler, hm ?

Il tourne la tête vers moi, me sourit, tira une nouvelle fois sur sa cigarette et l’écrasa contre un cendrier sur la table de chevet. Il se relève, retourne vers l’armoire et en sors une serviette qu’il me tend :

-       Tiens, me dit-il, je te montre la salle de bain ?

-       Depuis quand tu fumes ?

-       Oh ça… T’en fais pas je me suis déjà fait engueuler à cause de ça, tu viens ?

-       J’aime pas embrassé un cendrier froid, arrêtes, dis-je en regardant mes mains serraient le drap.

-       Qu’est-ce que ça veut dire ?

Je me lève, me rapproche de lui et pose mes lèvres sur les siennes.

-       Ça veut dire que je t’aime et que cette fois je ne te laisserai pas partir, deux ans c’était trop long…

Je reprends possession de ses lèvres et l’embrasse passionnément. Je passe mes bras autour de sa nuque et il m’attrape par les hanches. Il me fait reculer jusqu’au lit et me suit dans ma chute. Il passe ses mains sous le sweat que je n’aurais pas gardé longtemps ! Je l’arrête, nan franchement c’est insupportable !

-       Va te laver les dents.

-       Pardon ? dit-il interloqué

-       Va te laver les dents, je suis désolé mais ce goût de cigarette très peu pour moi !

-       Mais je…

-       M’en fous vas-y ou je rentre !

Il se dirige vers la porte, boudeur. Il fait mine de se retourner et de revenir, je me saisis du coussin derrière moi et lui balance à la figure ! Il sort de la chambre en courant et en riant d’un rire que je ne lui connais pas. Je suis de nouveau dépendant de lui, prisonnier de son rire.

*le personnage principal, "je", s'appelle Simon

** l'intello, le petit copain de "je" (oula c'est compréhensible??) s'appelle Julien, je voulais garder leur nom pour la fin donc je précise

Posté par kiriachan à 22:12 - Prisonnier [fini : 9] - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

prisonnier épilogue

Voila cinq ans que nous nous sommes retrouvés, nous avons pris un appartement en colocation en ville. Je vais devenir instit', la prochaine rentrée sera ma première, Julien en est à son deuxième cycle pour devenir architecte, c’est un vrai pro ! Depuis nos retrouvailles nous ne nous sommes plus jamais disputés, lui n’ai jamais retombé dans la déprime et moi je suis heureux de pouvoir l’entendre rire tout les jours !

Posté par kiriachan à 22:21 - Prisonnier [fini : 9] - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


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